Ilha Grande

Un Paradis Sauvage entre Jungle et Plages

Comment décrire Ilha Grande, c’est si incroyable?! Un petit coin de paradis au large d’Angra dos Reis, dans l’État de Rio de Janeiro. Accessible uniquement par bateau, cette île sans voiture est un véritable havre de paix où tout se fait à pied ou à vélo. Avec près de 90 plages, des sentiers de randonnée au cœur de la jungle et une ambiance à la fois nature et festive, c’est une destination qui séduit autant les aventuriers que les amateurs de farniente.

Villa do Abraão, la porte d’entrée de l’île

Notre voyage commence à Rio, où nous avons opté pour un transfert privé partagé. Un van est venu nous chercher au pied de notre immeuble pour nous emmener jusqu’au point d’embarcation à Conceição de Jacareí, où un bateau nous attendait pour nous déposer directement à Villa do Abraão, le principal village de l’île. Pratique, surtout quand on veut éviter les galères des transports en commun.

Le trajet en bateau, lui, s’est révélé être une aventure en soi. Si les normes de sécurité brésiliennes ne cessent de me surprendre, cette fois-ci, elles m’ont carrément fait rire (jaune). La capacité du bateau est bien définie pour les passagers, mais pas pour les bagages… et il y a des gens qui viennent sur une île avec 2 valises de la taille des valises de soute, vous voyez ou je veux en venir? Résultat : des valises entassées partout, dans chaque espace libre et y compris sur les sièges. Et malgré cela, le capitaine essayait encore de caser quelques passagers supplémentaires. Heureusement, j’étais la dernière à monter et j’ai pu profiter de ma place à l’avant entre toutes les valises, mais au moins avec le nez au vent.

Dès notre arrivée à Abraão, le charme opère. Notre Pousada est nichée au cœur de la jungle avec un accès direct à une rivière. Le centre du village, pavé et bordé de maisons colorées, regorge de petits restaurants et bars. Alors on s’installe pour un déjeuner les pieds dans l’eau, bercés par le bruit des vagues. Ici, tout est calme, loin de l’agitation de Rio.

Un séjour qui s'annonce pluvieux

Sans plan précis pour nos cinq jours sur place, on décide d’adapter nos activités à la météo, qui s’annonçait pluvieuse. Finalement, le ciel nous offre quatre jours de grand soleil, effacant vite la déception de l’arrivée.

Randonnée vers Lopes Mendes : 9 km d’effort, une récompense inoubliable

Le premier jour, le ciel couvert nous pousse à tenter le trail de Lopes Mendes, une randonnée de 9 km à travers la jungle. Le sentier, rendu glissant par les pluies récentes, complique l’ascension. La chaleur et l’humidité suffocantes nous font transpirer à grosses gouttes, mais l’effort en vaut la peine. En chemin, nous découvrons trois plages superbes : Palmas, Mangues et Pouso, toutes bordées d’une végétation luxuriante.

Puis vient enfin nous découvrons Lopes Mendes, cette plage dont tout le monde parle. À première vue, je suis presque déçue : est-ce vraiment l’endroit paradisiaque vanté par tant de voyageurs ? Mais une fois dans l’eau, je comprends l’engouement. Depuis la mer, la plage dévoile toute sa beauté. Son eau cristalline et ses vagues parfaites en font un spot idéal pour le surf. Nous y restons trois heures à jouer dans les vagues, un pur moment de bonheur après l’effort.

Le retour se fera en bateau-taxi depuis la plage de Pouso, une option confortable après tant de marche sous la chaleur. L’organisation brésilienne me fait sourire une fois de plus : pas de réservation formelle, il faut simplement faire confiance à celle qui nous vend le ticket sur la plage, que le bateau viendra et qu’il y aura de la place. Un contraste frappant avec la rigueur scandinave à laquelle je suis habitée.

Exploration en bateau : la magie des plages isolées

Ilha Grande est le paradis des excursions en bateau, une manière idéale de découvrir ses plages les plus reculées. Sur recommandation de notre guide Kadu, qui à des contacts un peu partout dans la région, et qui tenait à ce que nous ayont une super expérience ici aussi, nous choissons l’agence Como Uma Onda Tour, et on a pas été décu. Nous hésitons longuement entre les nombreux tours proposés avant de choisir le Volta Ilha, qui fait le tour complet de l’île. Une décision que nous ne regretterons pas une seule seconde.

Chaque plage visitée est une explosion de couleurs et de paysages à couper le souffle.

Praia do Caxadaço

La plage de Caxadaço est une véritable pépite cachée mais bondée, qui pourrait être une crique intimiste à l’eau cristalline oscille entre le vert émeraude et le bleu turquoise.

Praia de Parnaioca

Puis vient la plage de Parnaioca, aux airs Lopes Mendes, mais avec une mer plus calme, protégée par deux avancées rocheuses qui lui donnent des allures de baie secrète. À une extrémité, une rivière serpente doucement jusqu’à la mer. J’aurais aimé y rester plus longtemps, tant cette sensation d’être seule dans l’immensité de l’océan était envoûtante, flottant sur le dos, à regarder les bateaux onduler au gré des vagues.

Praia do Aventureiro

Et puis, il y a la mythique plage de L’Aventureiro. Je me demandais d’où elle tirait son nom… jusqu’à ce que je m’y sente, moi-même, en pleine aventure. À peine débarqués, une raie majestueuse glisse entre les bateaux, et dans l’eau, une tortue apparaît furtivement, disparaissant avant que j’aie eu le temps de la voir. Et puis, sans trop réfléchir, nous voilà partis pieds nus, en maillot de bain, sur un trail escarpé de 20 minutes qui grimpe à travers la jungle. En fond sonore, les cris des singes hurleurs résonnent, rendant l’ascension encore plus immersive et un brin inquiétante.

Bon, on s’est trompés de chemin. Ce n’était pas celui recommandé par le capitaine, mais la pancarte indiquait « 500m point de vue » alors comment savoir… Alexandra, une Française rencontrée sur le bateau, s’y est engagée sans hésiter après m’avoir vue hésiter. « Tu crois que ça passe ? » Elle acquiesce, tout comme Tiago. Alors je me lance. Derrière nous, Raul, son ami espagnol, semble encore moins convaincu que moi, mais il suit le mouvement. Il fait si chaud, ca monte raide, ca gratte les pieds, et á chaque pas, je râle intérieurement : Dans quoi je me suis encore embarquée ?

Arrivés en haut… rien à voir. Juste des arbres et des rochers. Déception. Mais en bonne aventurière que je suis (si si, il faut y croire), je finis par dénicher LE point de vue. Et là, waouh, une claque visuelle. Un instant suspendu qui efface en un clin d’œil toutes les difficultés de la montée.

De retour sur la plage, je vais voir l’iconique cocotier en L, celui qu’on retrouve sur toutes les cartes postales. Et je dois bien avouer qu’avec son allure penchée vers l’eau, il donne un charme fou à cette plage déjà idyllique.

Praia do Meros

Enfin, Praia do Meros, le spot idéal pour plonger et observer la vie sous-marine. Ce n’est peut-être pas aussi limpide que les eaux du Nordeste, surtout avec le nombre de baigneurs, mais ici, la faune est d’une richesse fascinante. Poissons colorés, coraux, et puis, cerise sur le gâteau… une autre tortue. Cette fois-ci, je la vois bien. Elle se déplace avec une grâce hypnotisante, glissant à travers l’eau avec une légèreté qui me laisse rêveuse. Une rencontre brève, mais magique, qui me rappelle pourquoi j’aime tant ces moments suspendus, loin de tout.

Une île hors du temps

En cinq jours, nous avons eu un bel aperçu de ce qu’Ilha Grande a à offrir, mais on pourrait y rester deux semaines sans s’ennuyer. Parmi mes moments préférés, je retiens le trail jusqu’à Lopes Mendes, le tour en bateau, la sortie en canoë polynésien au lever du soleil (même si le soleil s’est caché derrière un nuage ce matin-là) et le trail jusqu’à la cascade de la Feiticera.

Parmi les moments incroyables que nous avons vécu, je mentionnerai aussi notre initiation au Forró. Alexandra et Raul, que nous avons rencontrés sur le bateau, sont tous deux passionné de Forró. Ils nous embarquent dans un cours de danse gratuite à la Maison de la Culture d’Abraão, avant de nous entraîner dans un bar où le forró est joué en live. Une soirée mémorable qui nous plonge dans une ambiance brésilienne authentique. Et finalement nous nous reverrons le lendemain, et nous nous retrouverons même à Paraty quelques jours plus tard. Ca c’est le voyage comme je l’aime, rencontrer des gens, écouter leur histoire et créer du lien.

Mais ce qui m’a le plus marquée sur cette île, c’est son ambiance si particulière. Ici, l’espagnol est presque plus parlé que le portugais : l’île est envahie d’Argentins et de Chiliens, au point que les commerçants nous abordent directement en espagnol. Et les Français ? Ils sont partout aussi ! Pas une soirée sans croiser une table de compatriotes.

Malgré l’afflux touristique, Ilha Grande ne donne jamais l’impression d’être une usine à touristes. Tout le monde vit au ralenti, sans stress, comme si les vacances ne s’arrêtaient jamais. Une chose est sûre : cette île a quelque chose de magique, et il me tarde déjà d’y retourner et cette fois en espérant ne pas chopper la gastro comme la moitié de l’île lors de l’épidémie.

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