Un voyage dans le temps et au cœur de la nature
Nichée au fond de la baie, sur l’ancienne route de l’or, Paraty est une petite ville coloniale qui semble suspendue dans le temps. Son nom, elle le doit aux peuples indigènes Guarani qui vivaient ici bien avant l’arrivée des colons portugais. « Paraty », c’est ainsi qu’ils appelaient le poisson blanc qui abondait dans ces eaux. Aujourd’hui, son centre historique est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Paraty se trouve à mi-chemin entre São Paulo et Rio de Janeiro, et nous l’avions ajoutée à notre itinéraire surtout pour son histoire. Mais ce qui nous a frappés en arrivant, c’est la nature qui l’entoure, pas aussi impressionnante qu’à Ilha Grande, mais tout aussi belle. Si je pensais au départ que nous passerions plus de temps à flâner dans ses ruelles pavées, nous avons pu énormément profité des merveilles naturelles aux alentours.
Nous avions prévu d’y rester quatre jours, mais une gastro prolongée sur Ilha Grande nous a fait revoir nos plans. Arrivés avec un jour de retard, nous avons passé trois jours sur place, et honnêtement, c’était suffisant. Le temps de s’imprégner du charme du centre historique, de parcourir ses boutiques et de goûter à la sérénité des paysages environnants.
La mer, oui… mais pas en ville
Petit détail auquel nous ne nous attendions pas : les plages de Paraty ne sont pas idéales pour la baignade. Il fait chaud, les rues pavées renvoient la chaleur, et l’appel de l’eau est fort. Mais pour une vraie baignade, il faut embarquer sur un bateau et s’éloigner un peu.
C’est ainsi que nous avons décidé de partir à la découverte du Saco de Mamanguá, un fjord tropical dont tout le monde parlait. Sur le papier, l’excursion promettait des plages magnifiques et la possibilité de grimper jusqu’au Pico do Pão de Açúcar pour une vue imprenable.
Saco de Mamanguá
Nous devions faire un tour passant par Ilha dos Cocos, Praia do Engenho et Praia do Cruzeiro, avec la possibilité pour ceux qui le souhaitaient de grimper jusqu’au Pico do Pão de Açúcar. Le fameux.
Mais en réalité, nous avons été déçus.
Nous avons bien apprécié les plages à l’exception de Ilha de Cocos qui était beaucoup trop remplie, mais le programme ne s’est pas déroulé comme prévu. On nous avait prévenus que la montée était ardue, et en plein milieu d’après-midi, encore en convalescence de notre gastro, on a préféré ne pas tenter le diable. On s’est donc contentés de profiter des plages. Seul hic : la moitié du bateau est partie pour la randonnée de 1,5 km menant au sommet. Mais personne n’avait reçu les mêmes consignes, et certains ce sont lancés dans l’ascension en tongs et sans eau, ce qui leur a valu 3h30 de randonnée au lieu des 2h30 prévues. Résultat : nous avons attendu leur retour sans nouvelles (car pas de réseau), sur une plage pas vraiment propice à la baignade.
Heureusement, la lumière dorée de fin de journée a rattrapé le coup sur le chemin du retour, mais si c’était à refaire, nous ferions autrement :
✔️ Passer la nuit à Praia do Cruzeiro et attaquer le sentier tôt le matin, à la fraîche, sans se presser.
✔️ Prendre le temps d’apprécier la montée sans avoir à speeder, surtout que la dernière partie du sentier est carrément de l’escalade.
Excursion dans la partie Nord de la Baie
Nous avons aussi décidé de faire l’impasse sur Trindade. Après Ilha Grande, on doutait que ce puisse être plus beau. Raul, que nous avons retrouvé un soir à Paraty, qui y était allé nous a confirmé ses doutes : selon lui, Lopes Mendes était bien plus impressionnante et bien moins peuplée. On aurait pu tenter quand même, mais comme nous n’avions que trois jours sur place, on a préféré suivre notre instinct et… on a bien fait !
À la place, nous avons loué un bateau privé. Une décision qui a transformé notre expérience. Comme nous sommes partis tard, on a pu négocier les prix. La plupart des sorties se font vers 11h, et les bateaux qui restent au port après 11h considèrent leur journée comme perdu ce qui rends les négociations plus faciles. Et au final, c’est un assez bon plan pour éviter les sorties de groupe, et naviguer à notre rythme à prix doux. Passer par la réception de notre Pousada a aussi été une bonne idée, histoire de ne pas se retrouver embarqués dans une galère avec un capitaine douteux, car sur le port tout le monde est prêt à vous embarqué je ne sais où si vous le demandait.
Cette fois, l’ambiance était différente. Un petit bateau en bois, loin des hors-bord bruyants. Une navigation tranquille, au fil de paysages sublimes, pour rejoindre des plages désertes loin des foules. Sans hésiter, ce fut la meilleure sortie du séjour.
Paraty, entre mer, cascades et cachaça
Ce qui est génial à Paraty, c’est qu’on y trouve à la fois la mer et la Serra. Et qui dit Serra, dit forêt et cascades. En plus, la région est connue pour ses alambiques de cachaça. Du coup, quoi de mieux qu’un tour en Jeep pour aller voir tout ça ?
On a passé une super journée ! Entre deux dégustations de cachaça (avec modération pour moi, la gastro m’ayant bien séché), on a profité de quatre cascades, deux sur chaque site. L’eau fraîche nous a fait un bien fou et, le temps de quelques plongeons, on en a presque oublié la chaleur écrasante.
Un centre historique hors du temps
Mais Paraty, c’est aussi son centre historique. Dès qu’on y met les pieds, on a cette étrange impression de remonter le temps. Les rues pavées, qui se remplissent d’eau à marée haute, les façades coloniales aux couleurs éclatantes, et cette atmosphère paisible qui tranche radicalement avec l’effervescence des grandes villes brésiliennes.
Comme à Rio, on a opté pour un Free Walking Tour afin d’en apprendre plus sur l’histoire des lieux. Initialement prévu à 10h, il a été reporté à l’après-midi à cause de la chaleur accablante. Un mal pour un bien, finalement, car sous la lumière dorée de fin de journée, la ville dévoile encore mieux son charme intemporel.
Sur les places, on croise des artisans Guarani, descendants du peuple indigène qui vivait ici bien avant que les Portugais ne s’approprient la région. Un peuple presque décimé, chassé de ses terres, mais qui, malgré tout, perpétue son art et son héritage dans les rues de Paraty.
C’est peut-être ça, la vraie beauté de cette ville : un équilibre fragile entre passé et présent, entre nature et culture, entre tourisme et authenticité.
Si c’était à refaire ? Paraty resterait une étape incontournable, mais avec quelques ajustements. Moins d’excursions « préfabriquées », plus de sorties privées qui s’adaptent à notre envie et surtout, visiter Paraty avant Ilha Grande pour être sûr de s’émerveiller encore plus devant cette nature luxuriante.
Clap de fin sur Rio
Et voilà, encore une douzaine de jours bien remplie et qui nous laisse avec des souvenirs pleins la tête (des bons comme des moins bons, salut la gastro).
Prochaine étape : Buenos Aires et la Patagonie, stay tunned !